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Alluvio : les conclusions de 4 années d’étude sur la valorisation et la gestion des sédiments fluviaux

Le dernier comité territorial organisé dans le cadre de la démarche Alluvio a eu lieu le 20 mai 2019 au Cerema de Lille. Près d’une centaine de personnes ont discuté et enrichi les conclusions de cette étude lancée en 2016.
Résultats de recherche et développement, gisements disponibles, aides envisagées : Alluvio a permis de belles avancées dans le déploiement de véritables filières industrielles de valorisation et d’une gestion durable des sédiments, au profit des territoires.

Menée par le cabinet Hydratec et les équipes de VNF, l’étude a permis de mobiliser sur 4 ans tous les acteurs de la gestion et de la valorisation des sédiments dans le Nord et le Pas-de-Calais. Cette réflexion commune débouche aujourd’hui sur des conclusions très concrètes : les territoires et les industriels peuvent aujourd’hui avancer dans le déploiement de leurs projets.

 

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Des sédiments sans danger pour la santé et l’environnement

Première conclusion très attendue : l’étude confirme que la quasi-totalité des sédiments sur la bassin Nord-Pas-de-Calais ne présente aucun risque pour l’environnement ou la santé.
Le classement de ces sédiments dans la catégorie “Non Dangereux / Non Inerte” (NDNI) est confirmé, pour 90 % du linéaire des voies d’eau.
Moins de 1% du linéaire des voies d’eau présente des sédiments considérés comme dangereux. Le reste du linéaire est représenté par des sédiments inertes.

 

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Apports sédimentaires : des volumes imposants et concentrés sur certains secteurs

Les apports sédimentaires sur le bassin de navigation Nord-Pas-de-Calais sont estimés à 300 000 m3 par an : un volume très important, qui dépasse de beaucoup les capacités de dragage actuellement mobilisées (environ 120 000 m3 par an). Ce déséquilibre montre l’importance de la mise en place d’actions concrètes, pour préserver la qualité de la navigation à terme.

Les apports sédimentaires se concentrent sur une petite partie des cours d’eau : 8 biefs sur les 118 étudiés reçoivent la moitié du volume des apports sédimentaires totaux à l’échelle du bassin fluvial Nord-Pas-de-Calais. Cette concentration a permis de déterminer les zones prioritaires de réduction des apports dans les années à venir.

 

Erosion et ruissellement : les deux sources majeures de sédiments

L’érosion des sols ruraux et le ruissellement urbain constituent les deux sources majeures de sédiments aujourd’hui. Pour réduire ces apports, deux axes prioritaires se dégagent :

  • Les solutions d’hydraulique douce et de changement de pratiques agricoles sur les territoires ruraux
  • Les solutions de gestion des eaux pluviales pour les territoires urbains

 

 

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Valorisation des sédiments : les voyants sont au vert

L’étude menée dans le cadre d’Alluvio a identifié et évalué 14 filières potentielles de valorisation des sédiments, évaluée sur 7 critères et 20 sous-critères différents.

Parmi ces filières, plusieurs bénéficient de conditions et d’atouts très favorables :

  • Cimenterie
  • Béton préfabriqué
  • Béton prêt à l'emploi
  • Matériaux autocompactants

Bien conscient que les sédiments peuvent répondre à plusieurs filières (technosol, plastique…), VNF s’engage a n’écarté aucune filière.

Le comité territorial a aussi été l’occasion de présenter et de discuter des expérimentations menées dans le cadre du projet Sédimatériaux, avec une intervention d’Eqiom, préparateur de béton prêt à l’emploi, sur la mise en place d’un démonstrateur à l’échelle d’un site : des poutres de couronnement constituées de béton où la fraction sableuse a été remplacée par des sédiments à hauteur de 20 %.

 

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Filières industrielles : Voies navigables de France s’engage

Isabelle Matykowski, Directrice territoriale de Voies navigables de France, a détaillé au cours du comité territorial les engagements de VNF dans le déploiement des filières de valorisation.

L’établissement prend en charge la réalisation d’installations de transit et de traitement des sédiments, pour faciliter leur intégration dans les process industriels.

Il prévoit aussi un financement de l’ordre de 10 à 15 € la tonne de sédiments traités, en sortie d’installation, pour accélérer la mise en place des premières filières.

Enfin, VNF intégrera dans ses cahiers de charges de travaux l’utilisation des sédiments fluviaux.

 

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Gestion des sédiments : des opportunités pour les territoires

L’étude a aussi permis de montrer que les sites de stockage et de transit des sédiments constituaient de véritables opportunités de développement pour les territoires. Biodiversité, loisirs, agriculture, activité industrielle : les destinations de ces sites sont multiples et peuvent répondre à de nombreuses problématiques.

Alluvio a dénombré 183 sites dont les potentiels ont été étudiés de près au cours de l’étude.

Le rapport détaillé de l’étude sera disponible à compter de la fin septembre 2019 et sera disponible lors des Assises nationales Sédiment organisées par le CD2e le 1 er octobre 2019.

 

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